Le nouveau-né imaginaire

J’ai un enfant. Enfin, non, un et demi. Il y a ma fille, en chair et en os, qui souvent s’accroche à mon sein et tète jusqu’à plus soif. Vivante, pépiante, et qui mordille son jouet pendant que j’écris. Et puis, il y a un autre petit. Je ne connais pas les traits de son visage, mais je sais qu’il est plutôt maigre, qu’il tient ses petits yeux très souvent clos, le visage pris dans un masque. Il est silencieux, bien qu’autour de lui les machines bippent régulièrement. Lui ne crie qu’à peine, ne sait parfois pas encore pleurer… et pourtant il souffre, il souffre ! C’est un tout petit bébé. Il y a peu, il était encore au chaud dans le ventre de maman, et maman, c’était pas moi. Il est sorti trop tôt… ses parents ne sont pas autorisés à le prendre trop souvent contre eux. Le coeur de maman lui manque cruellement, sa chaleur, la nourriture évidente qui passait de son corps à elle au sien. Maintenant, il a mal, froid, faim, il se sent seul, séparé. Ses parents le regardent et le touchent avec d’infinies précautions, amputés eux aussi. On peut à peine le toucher, il est si fragile, si léger, un bébé de cristal ! De cristal pour moi aussi, oui, un bébé transparent, délicat, bien différent de ma fille qui, vigoureusement, gigote; un bébé de cristal fin et pur, presque invisible, imaginaire. Pourtant, lui et moi, on partage quelquechose : le lait. Maman n’a pas encore suffisamment de lait pour lui, elle fait tout ce qu’elle peut pour brusquer la nature, supplie ses seins de délivrer enfin ce lait qui aurait du attendre un peu. Moi, du lait, j’en ai, plein ! ma fille tète, gourmande, elle a 10 mois. Mes seins regorgent de ce lait chaud, riche, nutritif, précieux. Vous savez, le lait humain, c’est une merveille sur le plan nutritif. Il fait plein de choses presque magiques. Surtout, il maintient en vie les petits prématurés. Il calme, un tout petit peu, leur désolation, celle de leurs mamans, de leurs papas, de leurs familles. J’aimerais tant les bercer, ces petits, ces mamans épuisées, ces papas désolés. Impossible ! j’ai mieux à faire : tirer mon lait. C’est tellement facile. On allume la machine, elle extrait doucement le lait qu’on a en trop, quelle que soit la quantité. Biberon stérile distribué gratuitement par le lactarium, hop ! au frigo. Re-tirage quelques heures plus tard, biberon rempli en fin de soirée, hop ! congélateur. Tous les mois, parfois plus souvent, moins souvent, une sage-femme du lactarium vient chercher ce lait congelé et l’envoie au lactarium. Le mien, c’est celui de Bordeaux-Marmande, une structure super qui est unique car elle lyophilise le lait et l’envoie dans toute la France si besoin, métropolitaine ou pas. Le lait de toutes les mamans donneuses est récolté, traité, et donné mélangé aux petits prématurés. Pendant que les mères de ces petits bébés en difficulté tirent leur lait pour stimuler la lactation, nous tirons notre lait aussi. Un geste simple, un geste de femme, solidaires, fortes, tendres. Nous sommes alors, parents, enfants, ensemble, unis. Donnez votre lait s’il-vous-plaît, si vous en avez. Participez à l’aventure : vous aussi, aimez un bébé imaginaire.

Flavia

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flavia

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QUAND LA TENACITE DEVIENT NOTRE SEULE ALLIEE…

Bonjour,

Je m’appelle Greg et certains ont déjà pu lire une partie de notre histoire il y a quelques temps. Pour autant, nous voilà de retour afin de témoigner de notre histoire avec l’allaitement.

Je suis marié avec ma chérie Sophie, j’ai 37 ans, et je suis papa de 5 enfants. Melvil 20 ans; Alisée 17 ans ; Loane 11 ans ; Aloÿs 3 ans et Olympe 6 semaines…

C’est l’histoire de cette dernière que je voulais vous raconter…

Notre histoire d’allaitement est complexe et notamment celle d’Aloÿs atteint d’une maladie génétique rare, qui côtoie les hôpitaux depuis sa naissance de manière très (trop !) régulière…

Pour autant, nous avons souhaité avoir un autre enfant… Comme un « dernier pour la route »…

Peu de temps après notre prise de décision, Sophie tombe enceinte… YES ! Et très vite nous voilà transportés dans notre projet de naissance… C’est une fille ! Super !

Sophie est très active dans plein de groupes d’allaitement et pour ma part je suis un papallaitant depuis également plus d’un an… Mais pour autant nous continuons de nous renseigner… On veut être au top.

La grossesse se passe à merveille et comme pour les 4 autres nous voilà arrivés au terme de celle-ci sans que la petite ne pointe le bout de son nez… On est habitué, ce fut pareil pour les 4 autres !

RDV est pris à la maternité de Bagnols-sur-Cèze où l’obstétricien est d’accord pour tenter un accouchement par voie basse malgré les 2 derniers accouchements par césarienne.

C’est parti le 3 août dernier… Pose d’un ballonnet qui fonctionne bien et nous voilà en salle de travail ! Ce travail est long mais nous continuons de plaisanter… Pose de la péridurale et les contractions avancent doucement…

Tout bascule vers 2h30 du matin…

Les sages-femmes rentrent en trombe dans la salle alors que nous nous reposons un peu… Après une contraction, le rythme cardiaque de la petite chute ! On sent un affolement général… On pose le masque à oxygène sur la bouche de Sophie et tout s’accélère… La césarienne est obligatoire…

Sophie part en 20 secondes vers le bloc et moi je me retrouve planté là…

Pour autant, j’entends l’équipe qui s’excite et qui court… On crie des « code rouge ! code rouge ! »… je ne sais plus ce qui se passe… L’anesthésiste vient me dire que Sophie dort mais je sens que l’excitation monte encore dans l’équipe…

Tout à coup, je vois la sage femme sortir avec ma fille dans les bras… L’image reste gravée dans ma mémoire. La petite ne bouge pas, elle est grise… Le sage femme hurle « on a un problème avec le cordon ! elle est morte ! »… Je suis en plein cauchemar…

C’est au tour de l’anesthésiste et des pédiatres de prendre le relais…

Ça court… ça crie… Je suis dans la pièce juste à côté de la salle de réanimation… j’entends tout …« on la perd ! non elle revient ! elle repart ! »

Je tourne comme un lion en cage et 7 minutes après la naissance on vient me dire qu’il y a un rythme cardiaque mais que tout ne tient qu’à un fil…

La machine se met en route tel un rouleau compresseur … On doit transférer la petite à Nîmes pour tenter de sauver son cerveau…

Je suis autorisé à la voir… je vois qu’elle souffre… Elle a un cordon ombilical énorme et rempli de sang …

Je retrouve Sophie quelques instants pour lui dire que sa fille est vivante mais que tout est incertain et que nous allons devoir partir vers un autre hôpital… C’est comme revivre ce que nous avons vécu pour Aloÿs 3 ans plus tôt…

La pédiatre ne me ménage pas… Elle me dit que ma fille est née morte et qu’elle a subi une grosse réa… On doit la transférer mais on ne sait pas si elle va supporter le transport… Pour autant, je ne suis pas autorisé à monter dans l’ambulance… je dois faire les 50 km en voiture…

Sophie ne peut pas voir sa fille et la petite part dans cette boîte que nous connaissons malheureusement trop bien…

Je prends ma voiture et je suis… Comment ? J’avoue que je ne me souviens plus … Je ne sais même pas comment était la route… J’étais ailleurs…

Pour autant, j’arrive à Nîmes sain et sauf et je monte vite retrouver ma fille… Ouf ! elle a supporter le transport…

Les médecins me disent que son état est critique.

Ils vont devoir la mettre en hypothermie à 33 degrés afin de préserver son cerveau et ce pendant 3 jours. C’est un choc… Je suis seul dans une ville que je ne connais pas, mes autres enfants ne sont toujours pas au courant et ma Sophie est seule de son côté… C’est toujours un cauchemar !

Les médecins ne se prononcent pas sur le pronostic mais ils font tout… Je leur dis que Sophie veut allaiter, comme un moyen de me rattacher à quelque chose que je connais… Pour autant, la petite ne sera pas nourrie par voie orale pendant un moment… Elle s’endort dans un sommeil glacial telle la reine des neiges…

Pour autant, et dans l’attente de son réveil, nous tentons de prendre les choses en main… Sophie s’accroche à un tire-lait toutes les heures et est transférée auprès de nous après 2 jours. Moi je vais auprès de la petite, je lui parle, je lui chante des chansons car bien entendu je ne peux pas la prendre dans mes bras… Elle est branchée de partout et je ne peux que lui faire quelques caresses que j’espère être rassurantes…

Trois jours plus tard, on réveille doucement la petite… C’est long… Et ça fait mal… On l’emmène direct à l’IRM et la sanction tombe… Il y a une lésion cérébrale au thalamus… Impossible de nous dire quelles seront les séquelles… Ce que l’on sait pour l’instant c’est qu’elle a perdu son réflexe de succion… Il va donc falloir rééduquer tout cela…

Commence alors une période épuisante pour les nerfs… Il faut rééduquer la petite mais dasn un contexte sur-médicalisé… Elle garde une sonde naso-gastrique dans la bouche mais il faut la mettre au sein… Alors on s’y colle… Sophie s’installe et moi j’essaie de diriger la tête de la petite…

Cela marche peu… mais on ne veut pas lâcher alors on tente à chaque tétée toutes les 3H…

Après plusieurs jours, l’équipe s’impatiente… Les progrès sont trop lents et ils veulent passer la petite au biberon…

C’est alors que commence le combat… Le combat qui veut que nous souhaitons du temps pour donner une chance à notre fille de vivre cette merveilleuse histoire de l’allaitement…

C’est un défilé constant de médecins, puéricultrices, infirmières, qui veulent nous convaincre de passer au lait artificiel ou au pire, au biberon avec lait maternel…

Nous tenons bons et ne lâchons rien… Nous parlons de la confusion sein/tétine et l’on nous rétorque que cela n’existe pas… Nous parlons de notre engagement pour l’allaitement mais on nous écoute peu… La pression se fait de plus en plus forte et Sophie a besoin de se reposer … Elle n’en peut plus…

Je demande alors à passer au DAL au doigt… On me l’accorde… OUF ! Bon ils n’en ont pas en réa néonat… Alors j’en fabrique un de fortune avec un biberon et une sonde de gavage… Et j’encourage ma fille pour qu’elle mange…

On nous remet un coup de pression ! Après chaque tétée au sein on aspire le contenu de l’estomac de la petite par la sonde naso-gastrique pour nous dire que cela n’est pas suffisant…Mais on ne veut rien lâcher… On demande une balance pour faire de la « tétée-pesée » et ainsi avoir une vision plus correcte que ce système un peu « barbare » consistant à aspirer le contenu de l’estomac…

Et un jour, la chance nous sourit… ça fait 15 jours déjà que nous sommes là à jongler avec les 4 grands et la petite et elle se met à téter plus efficacement ! En plus, elle en a marre, elle arrache sa sonde (une nouvelle fois !) et une puéricultrice nous laisse tranquille sans lui remettre histoire de voir comment cela se passe… Il faut remettre la sonde un peu plus tard mais les progrès arrivent… On va y arriver !!!!

Après 3 semaines en réa nous sommes transférés vers un hôpital près de chez nous pour quelques jours histoire d’organiser le suivi mais ça y est ! l’allaitement est en place et il fonctionne !

Sophie profite de ces moments de proximité avec sa fille et moi je peux enfin souffler un peu en arrêtant de faire barrage et de me battre avec les soignants…

Aujourd’hui , nous sommes enfin rentrés chez nous… L’état de santé de notre petite Olympe est encore compliqué et le suivi est et sera encore longtemps bien lourd… Mais aujourd’hui cette petite se nourrit exclusivement avec le sein de sa maman et c’est grâce à la ténacité dont elles ont fait preuve toutes les deux dans cette situation !

Alors soyons clairs… Je remercie les équipes médicales et soignantes pour ce qu’elles ont fait pour ma fille !! Mais j’ai pu voir aussi que même en réa néonat, les soignants sont peu informés sur l’allaitement et qu’aucun protocole n’est mis en place pour une maman allaitante… Pourtant, à mon sens, quoi de mieux que le lait de sa maman pour faire face à une telle situation ! J’ai même eu le droit, moi aussi, à un défilé de puéricultrices voulant voir « comment marchait le DAL au doigt » !

Bien que je ne sois pas pour un entêtement stérile, je reste persuadé que nous avons bien fait d’être tenaces pour pouvoir mener à bien une partie de notre projet de naissance.

Je remercie grandement l’ensemble des papallaitants qui m’ont soutenu durant cette période qui malheureusement nous fait encore faire bien des cauchemars… Ce fut un soutien sans faille et tellement boostant pour nous tous ! Il en est de même pour bien des mamans qui ont soutenu ma douce pendant son « combat pour l’allaitement »…

En conclusion, ne nous décourageons jamais ! Il y a toujours une lueur à la sortie du tunnel !

Merci à tous de m’avoir lu !

Naissance Olympe 655

L’allaitement, un droit et une liberté pour toutes !

Mon ami ayant trouvé du travail sur Lyon, nous sommes à la recherche d’un appartement en location sur Lyon.

Lundi 15 mai 2017, rendez-vous à la Régie Chomette de Lyon pour en visiter un. Rendez-vous à 9h, hors le train est resté arrêté et nous ne sommes arrivés qu’à 11h. L’équipe de la Régie avait été informé de notre retard. Trop de monde dans le train et par manque de plus, je n’ai pas pu donner le sein à mon fils de 9 mois.

Arrivée à l’agence immobilière, je récupère les clés de l’appartement en y laissant ma carte d’identité et demande avant de partir pour la visite si je peux nourrir mon bébé (le tout accompagné de geste pour bien que la personne comprenne qu’il s’agissait de donner le sein). Cette dame me regarde avec des gros yeux mais accepte gentiment. Je m’installe alors dans un petit renfoncement du hall et commence à déboutonner mon chemisier, mon débardeur en dessous, rien ne se voyait.

La dame passe alors la tête pour me regarder et me crie de loin de tout stopper, qu’elle va voir avec sa responsable. Celle-ci arrive en courant de l’autre coté du comptoir et arrive sur moi. De nature réservée et renfermée, elles me mettaient la pression pour ne pas que j’allaite mon fils. A partir de là s’en est suivi des propos déplacés. « Leurs clientèles musulmanes n’acceptaient pas cela« , « c’est déplacé« , « non mais vous vous rendez compte si on faisait ça n’importe où », « vous vous croyez où », « vous vous prenez pour qui », « c’est quand même obscène ».

Elles évoquent également l’âge de mon fils. Mon copain s’énerve et leur dit que c’est inadmissible, que notre fils a faim et qu’ils n’ont pas à m’interdir de le nourrir, auquel la responsable me répond « en tout cas vous ne faites pas cela ici ».

La responsable insiste alors pour me rendre ma carte d’identité et récupérer les clefs. Nous sommes sortis de l’agence, mon fils en pleurs car il avait faim et ne comprenait pas la scène auquel il venait d’assister et pourquoi il ne pouvait être au sein.

Audrey Gibbesi

38200 VIENNE

Soutenez la pétition d’Audrey sur Change.org : L’allaitement, un droit et une liberté pour toutes!

Sans papa rien de cela n’aurait été possible !

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Nathalie et Sebastien

 

Dans l’allaitement oui ! on a besoin des papas ! cette affaire est l’affaire de tous !!! en effet … il ne faudrait pas oublier que ce petit être qui vient de naître par exemple a quand même été conçu à deux !

J’ai un mari qui est un super papa, un peu comme tous ces nouveaux papas qui se sentent concernés par tout cela. Il a rapidement compris, et ça dès la grossesse, que le maternage, le portage, l’allaitement, le prendre soin et l’éducation le concernaient au moins autant que moi ….

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Un futur papallaitant? 😉

J’ai une chance énorme ! Grâce à lui j’ai pu réussir dans mon maternage, nathalie_4dans mon allaitement assez difficile, pour mon petit troisième entre autre, car accouchement par césarienne en urgence à 36 semaines. Sans papa qui ne serait pas allé chercher mon tire-lait en temps et en heure, sans papa qui mettait son fils en peau à peau un maximum contre lui et m’aidait à le faire sur moi … car j’étais clouée au lit avec des transfusions et des perfs … sans papa qui est resté jour et nuit pour nous aider à mettre cela en place et répondre aux besoins de son petit prince . Rien de cela n’aurait été possible ! Cela n’a été réalisable que grâce au ‘’paternage’’ …. bref ‘’le parentage ‘’ … le partage …. c’est juste top !!!!nathalie_5

Et voir tous ces hommes évolués dans ce sens, partager, câliner, suppléer, aider, et pas que jouer avec leur bébé mais aussi donner un bain, aider leur femme dans leur allaitement, les soutenir et savoir trouver leur place au milieu de tout cela … c’est tellement beau !

Néanmoins, je le constate en néonatologie aussi … si le papa nathalie_8n’adhère pas au projet d’allaitement, s’il a gardé ce carcan de l’homme qui doit rester loin de tout cela, s’il est resté sur cette position archaïque que l’homme n’a pas sa place là-dedans …. Alors qu’il y a déjà d’emblée rupture de lien avec une naissance trop brutale, trop tôt, parfois catastrophique et cauchemardesque …. Les mamans n’y arrivent pas sans eux !!! Et leur bébé non plus …

Par ailleurs il faut noter que sans lait de femme, le bébé prématuré né avant 33 semaines survit difficilement… Alors merci à toutes ces femmes qui font don de leur lait au lactarium pour les autres bébés …. Pour ces petits loups qui ne peuvent rien recevoir d’autre… Cela veut bien dire que le lait de femme est …. le PLUS adapté.nathalie_1

La réussite de l’allaitement de ces mamans d’enfants nés prématurément est souvent combinée avec une présence du papa aidant, vers sa femme et son enfant, qui va apporter le lait fraichement tiré par sa femme, ou qui va prendre son bébé en peau à peau pendant que maman tire son lait, ou qui va accorder le temps nécessaire à cette mise en place de l’allaitement sans pression et avec bienveillance, rassurant sa femme. Non seulement il ne perd pas sa place dans ce trio père-mère-bébé, mais il a une place primordiale, il est aux premières loges au contraire dans cette affaire !

Nathalie
Maman de 4 garçons (de 19 à 3 ans, celui de 19 ans est déjà sevré).
Infirmière en néonatalogie
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Du lit parental au lit familial – histoire de cododo

13530552_10153962557468432_1897182635_nAlors que j’attendais notre premier enfant, j’ai été prise d’un besoin de « nidification ». J’ai cassé les pieds de mon compagnon des semaines durant, pour que les travaux de la deuxième chambre soient rapidement faits. Enceinte de 7 mois, j’ai décollé du papier peint, repeint le plafond, passé des heures dans les magasins pour choisir LE tour de lit parfait, LA turbulette la plus douce…

Aux premières contractions, la chambre de notre fille était finie et parfaite. Notre princesse a aujourd’hui deux ans et elle n’y a jamais dormi.

Notre histoire de cododo commence à la maternité. Une nuit de mars, notre petite graine a éclos. A l’aube, nous avons rejoint tout les trois une petite chambre. L’équipe soignante a demandé au nouveau papa de rentrer à la maison pour se reposer et m’a incité à faire de même. J’étais tellement énervée que j’étais incapable de dormir. J’observais dans son berceau transparent cette petite fille toute neuve. Si petite, si parfaite. J’avais peur de la toucher, peur de la casser, peur de la déranger dans son sommeil qui me semblait bien paisible.

 

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J’ai passé le reste de la nuit assise sur mon lit à la regarder dormir. La nuit suivante, bien reposée après avoir passé 24h à roupiller, la petite graine nous a montré qu’elle avait de la voix. Consciencieuse et disciplinée, j’appliquais à la lettre les conseils de ma mère : « ne surtout pas trop porter ton enfant pour ne pas l’habituer aux bras ». Je l’allaitais, la câlinais et la déposais. La princesse se réveillait à chaque fois qu’elle quittait mes bras et touchait son berceau.
Une sage-femme (mon ange) m’a rendu visite une nuit. Elle m’a appris les règles de base du cododo. Elle a installé des draps sur les barrières de mon lit pour me rassurer contre le risque de chute et m’a montré comment faire une tétée allongée. « Et si vous vous endormez, profitez du cododo pour vous reposer ».
Une révélation : bien collées l’une contre l’autre, nous avons dormis 8h de suite.

De retour à la maison, le premier soir, mon compagnon m’a demandé de déposer le couffin contre notre lit (un lit futon) pour m’éviter d’avoir à parcourir les couloirs froids pour les tétées de nuit. A chaque tétée, je la sortais de son petit lit, nous nous câlinions puis je la déposais dans son petit nid moelleux.
Une nuit, je me suis endormie pendant la tétée. C’est arrivé plusieurs fois. Puis un jour, mon compagnon a sorti le couffin de la chambre : « Ça ne sert à rien, sauf à risquer de la réveiller au moment du transfert : les ¾ des nuits elle dort dans notre lit »

 

Notre lit parental est devenu un lit familial. Et ça convient à tout le monde. Quand demoiselle est fatiguée, elle prend la main de son père et l’entraîne dans la chambre. Elle se glisse sous la couette et hurle « Mamaaaaaan ! Tétéééééé ! Dodooooo ! » Je m’allonge contre elle. Elle gigote comme un asticot pour coller ses fesses au bras de son papa. Il lui caresse le dos. Au chaud contre ses deux parents, elle s’endort toujours très rapidement. Nous allons ensuite faire notre « soirée de grands » au salon. Quand nous la rejoignons au lit, soit je la pousse pour m’endormir entre mes deux amours, soit je la laisse entre nous. Parfois la nuit, elle se réveille et sans faire de bruit, sort du lit pour se coucher contre son papa.

 

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Alors oui, les coups de pied sont fréquents (surtout quand elle avait 8-10mois), en particulier contre son papa. Oui, il faut partager l’espace : elle aime la position « étoile de mer » au milieu du lit. Mais quand je la vois réveiller son papa par des grattouilles sous le menton, quand je m’endors en respirant l’odeur douce de ses cheveux, quand j’entends son papa râler car elle dorme de mon côté et qu’il veut « son câlin fesse » (elle cale sa tête dans mes seins et ses fesses contre son père), je n’ai pas envie de changer.

Je ne sais pas si notre « méthode » est la bonne. Je ne sais pas si les malheurs que nos proches nous promettent sont vrais (enfant incapable de se détacher de ses parents, enfant « trop vieux » pour être encore allaité, parents immatures et égoïstes, etc…). Je ne sais pas si ce mode de vie est le meilleur pour notre fille.

 

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Rien n’a été réfléchi ou programmé : nous avons composé, en famille, avec les événements qui survenaient et un jour après l’autre, nous en sommes arrivés au cododo. Je ne sais pas quand notre fille dormira dans sa chambre. Je sais qu’un jour elle sera prête. D’ailleurs, elle sait très bien s’endormir seule (chez sa nounou, elle fait ses siestes toute seule, dans un lit d’enfant, sans aucun soucis). Mais à la maison, c’est tellement mieux de s’endormir en tétant, bien collé contre papa. Pourquoi lui refuser ce plaisir ? Pourquoi NOUS refuser ce plaisir ?

Nos enfants ne resteront pas petits longtemps. Il nous semble nécessaire de profiter de ces moments qui finiront par passer.

 

Claire

Yvelines (78280)

 

C’est grâce à vous les papallaitants si nous parvenons à réaliser de si belles choses!

Aujourd’hui si je suis ici c’est pour remercier tous ces hommes, tous ces papas sans qui nous n’y arriverions pas.

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Je suis l’heureuse maman de deux chameaux qui ont aujourd’hui 3 ans et demi et 14 mois…et cette complicité qu’elles ont avec leur papa n’ est même pas descriptible!

L’accouchement naturel de ma première nous a lié à jamais avec son papa..un accouchement très difficile avec une mise au sein tardive et un peau à peau impossible…mais il y avait ce papa…qui finalement nous à aidé à surmonter tout ça…un papa et un allaitement qui m’ont sorti de cette dépression post partum.. car je ne mangeais que pour te donner du lait ma fille…cet allaitement qui a duré jusqu’à ma seconde grossesse car au fond pour moi il n’y avait aucune raison de faire cesser cette dépendance que nous avions ma fille…

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Une formation en haptonomie pour cette deuxième nenette, un papa investi et surpris par ce lien possible avant la naissance..une seconde naissance respectée et accompagnée d’un projet de naissance…un peau à peau et une mise au sein immédiate…un pansement et un réconfort!

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Un papa ému et fier de m’avoir aider une seconde fois… Sans lui rien de tout ca n’aurait été possible…ce deuxième allaitement qui dure grâce à un papa réconfortant…qu’on se le dise il faut être 3 pour que ça marche!!

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Un papa fan du portage, calé en allaitement , qui fait des purées maison, qui donne des bains shantala, qui est fier de sa femme, qui est fier de ses filles, cela n’a pas de prix…

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Finalement aujourd’hui c’est grâce à toi mon mari si l’on est si heureux!
C’est grâce à vous les papallaitants si nous parvenons à réaliser de si belles choses!

 

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Sandie

Lieusaint (77127)

L’histoire d’allaitement du Dr Roussel

 

Je m’appelle Frédé12362807_10153345627885773_4722648463092152697_oric, j’ai 58 ans. Je suis le père de 3 enfants de 28, 26 et 22 ans. Ils ont tous étés allaités.

 

Nos débuts d’allaitement n’ont pas été faciles, et on a appris sur le tas, comme la plupart des parents. Notre premier enfant n’a été allaité qu’un mois. Il est né avec une hernie inguinale qui le faisait terriblement souffrir. A l’époque, nous n’avons pas su différencier les pleurs de douleurs des pleurs de faim et il a été sevré prématurément. Après une hospitalisation d’urgence, il a pu retrouver la sourire, mais nous n’avons pas su retrouver le chemin de l’allaitement, il n’y avait personne à l’époque pour nous aider, sauf les mères et les grand-mères, qui avaient pour rôle la transmission de leur savoir, comme auparavant.

 

Avec notre deuxième enfant, ça a marché un peu mieux, nous avons même tenté le cododo car il tétait énormément la nuit et c’était très bruyant. A cette époque, nous avions des engagements financiers qui nous forçaient à travailler énormément, ma femme y passait 40 heures par semaine et moi 60. Il a tout de même été allaité 3 mois.

 

Pour notre dernier enfant, nous avions tout prévu pour que cela marche ! On a pris un appartement plus grand, avec une quatrième chambre, un lit cododo, ma belle-mère qui nous a soutenu pendant plus d’un an.

 

Ma femme nous a malheureusement quitté en 2007 des suites d’un cancer. Je suis donc devenu père et mère de nos enfants, mais je suis heureux de savoir qu’ils ont pu bénéficier du lait maternel car c’est un cadeau pour la vie entière.

 

C’est d’ailleurs mon épouse qui m’a sensibilisé sur l’action positive que je pouvais avoir sur le plan professionnel en tant que pharmacien ainsi, je suis devenu quelqu’un d’engagé dans l’amélioration de nos pratiques. Je suis conscient du fait qu’un pharmacien peut avoir une bonne/mauvaise influence sur l’allaitement d’une famille, et je trouve important d’être bien informé afin de pouvoir bien informer les parents.

 

Dans ce but je me suis formé à l’Am-f , le département de formation professionnelle de La Leche League France, je suis membre à titre individuel de la CoFam (Coordination Française pour l’Allaitement), et je suis à l’initiative de l’essaimage de pharmacies plus enclines à accompagner les mères allaitantes. Je cherche à fédérer l’ensemble des pharmacies impliquées dans la démarche IPAB (Initiative Pharmacie Amie des Bébés) en toute indépendance, dans un esprit de laïcité, sans opinion politique, seulement le respect de l’enfant, de la femme et de l’homme, de ses goûts et de sa culture.

 

Je trouve qu’en accompagnant les parents pour l’allaitement maternel, je partage l’expérience de notre histoire d’amour.

 

Dr Frédéric Roussel

Courbevoie – 92400

Merci de militer pour nous. Merci de rendre visible ce qui ne devrai pas être marginal. Merci d’être là.

Bonjour,

J’ai découvert il y a quelques jours votre page et c’est un vrai plaisir de vous lire.
Je suis l’heureuse maman d’une jolie chipie de 17 mois. Si notre princesse est toujours allaitée, c’est uniquement grâce à l’aide de son papa.
Dans mes moments de doute (et ils ont été nombreux), il était là pour me rassurer. Devant l’incompréhension de notre entourage lorsque notre fille était très souvent branchée à mon sein, il était là (avant que je n’ouvre la bouche!) pour leur expliquer l’allaitement à la demande. Face aux regards désapprobateurs quand notre bébé est devenue une petite fille et qu’elle était toujours allaitée, il était là pour nous défendre. En résumé dans notre allaitement, mon compagnon a toujours été là.
Au quotidien, il protège farouchement notre bulle mère/enfant. Ça n’a jamais été un allaitement à deux, mais bien un allaitement à trois!
Merci de militer pour nous. Merci de rendre visible ce qui ne devrai pas être marginal. Merci d’être là.

Cordialement,

– Claire

(Saint-Quentin-en-Yvelines)

Bravo pour le niveau des commentaires et le non-jugement.

Bravo pour ce site !

Bravo pour le niveau des commentaires et le non-jugement.

C’est ainsi qu’on avance, pas en polémiquant ou en voulant avoir raison !

Crédit photo : Gwenn Boussard
Crédit photo : Gwenn Boussard

Je suis moi-même mamallaitante d’un bébé de 10 mois, et si l’allaitement au long cours n’a jamais été un doute pour moi (ma mère a allaité mon petit frère 3 ans), les débuts furent difficiles (et pourtant j’ai accouché dans une maternité labellisée « Hôpital Ami des Bébés »… bon, au moins, aucun biberon donné d’office, c’ets déjà ça…). Sans mon conjoint je pense que je n’y serais pas arrivée.

Son aide et osn amour ont été capitaux pour réussir les débuts, et il a créé un lien très fort avec notre fils, ce qui n’a rien à voir avec l’allaitement. Comme dit plus haut, un nourrisson même tout petit n’est pas qu’un tube digestif!

 

Un papallaitant console, baigne, change les couches, porte (des heures pour endormir!), habille, promène, nourrit, etc… un bébé aussi bien qu’une mamallaitante !

Aujourd’hui il faut voir les sourires que lui fait notre fils, son papa compte énormément pour lui! SOn papa le garde souvent lorsque je travaille et ils passent des moments rien qu’à eux très importants pour eux deux !

– Béatrice

Je suis un Papallaitant et fier de l’être…….

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Depuis que je suis rentré dans le groupe de Papallaitants, j’ais pu avoir des réponses à mes questions, ce qui m’a rassuré sur certaines choses. Et m’on fait évoluer dans celles-si et pourtant je suis papa de 3 enfants . Mais le plus que j’ais trouvé, c’est un soutien de 77 autre papas !!! Des conseils, des vécus, des avis, des articles partagés, de la discussion instantanée. Alors mesdames faites part de se groupe à vos conjoints, maris et amis masculins. Je suis un Papallaitant et fier de l’être…….

– Tof

(Saivres, Poitou-Charentes)