Les mères ont-elles vraiment le choix d’allaiter? Par Dr Jack Newman

Dr Jack Newman, fondateur du Centre International de l’Allaitement au Canada, auteur de plusieurs ouvrages sur l’allaitement.
Dr Jack Newman, fondateur du Centre International de l’Allaitement au Canada, auteur de plusieurs ouvrages sur l’allaitement.

 

Septembre 2016

Lien à l’article original : Do Mothers Really Have the Choice to Breastfeed?

Chaque mère a le droit de faire un choix informé de donner le biberon à son enfant. Alors pourquoi, lorsqu’une mère décide de faire le choix informé d’allaiter son bébé n’a t’elle pas le même droit ? Forcément, dis je en plaisantant ? Les mères peuvent allaiter si elles le veulent qui peut les en empêcher ? Dans les faits, souvent, il semble que les mères n’ont pas le droit d’allaiter et sont poussées/forcées par les professionnels de santé, les juges ou encore la protection de l’enfance à donner le biberon. Il y a des mères qui souhaitent allaiter et qui font confiance au système de santé pour les aider à y arriver alors qu’en fait, elles sont souvent abandonnées avec un sentiment de culpabilité de ne pas avoir allaité, pensant qu’elles ont échoué ou qu’elles n’ont pas pu allaiter pour des raisons médicales. Un grand nombre de cas où le bébé se retrouve au lait artificiel (LA) alors que la mère avait le désir d’allaiter sont inutiles et pas conseillés médicalement. La peur d’une mère de voir son bébé affamé ou risquant des problèmes de santé est une des tactiques utilisées pour que les mères acceptent de nourrir leur bébé au LA et ébranler leur volonté d’allaiter.

Si le moindre problème surgit en lien avec l’allaitement, la première réplique qu’une mère entendra des médecins est « donnez lui du LA » ou tout bonnement « arrêtez l’allaitement ». Et des mères sont souvent forcées, le plus souvent pour des cas de prise de poids lente, sous la menace des services de protection de l’enfance (services sociaux) de leur retirer la garde de leur enfant si ils ne suivent pas les « ordres du médecin ». Fort de notre expérience auprès de milliers de mères qui sont venues dans notre clinique de l’allaitement au cours de ses 32 années, je peux affirmer que dans une grande majorité de ces cas avec un peu d’aide de bonne qualité, la mère pourrait continuer à allaiter exclusivement. Malheureusement, seule une petite minorité des mères obtiennent l’aide dont elles ont besoin. Parfois, la solution est simple, pas compliquée du tout. D’autres fois, ce n’est pas facile mais on peut y arriver. Cependant, la plupart du temps, les mères sont abandonnées avec ce sentiment de frustration et dévastées car elle désiraient allaiter. Puis par manque d’aide compétente ou suite à des conseils médicaux incorrects elles en viennent à percevoir l’allaitement comme quelque chose de « peu fiable », « douloureux » et « potentiellement dangereux » et cerise sur le gâteau considère son importance comme « exagérée ». Lorsqu’on empêche les femmes d’allaiter alors qu’elles le désirent elles deviennent en colère et traumatisées, incapables de voir ou de vivre la joie de l’allaitement. Elles ont recourt à toutes sortes de mécanismes de survie qui ressurgissent lorsque le sujet de l’alimentation du nourrisson est abordé.
Suivent quelques exemples qui montrent de quelles manières on empêche les mères d’allaiter. Ce sont des exemples qui mettent en lumière le fait que le LA est considéré comme le mode d’alimentation normal pour le bébé alors que l’allaitement est quant à lui perçu comme superflu, sympa mais pas nécessaire.

 

Breastfeeding is not just about breast milk, it is a relationship.

 

1. Les prématurés

Il est presque dit de façon universelle aux mères de bébés prématurés (du moins en Amérique du Nord) qu’elles ne peuvent pas mettre le bébé au sein avant ses 34 semaines de gestation (soit toujours prématuré de 6 semaines). Cela discrédite l’allaitement car les docteurs et les infirmières insistent sur le fait que « les bébés doivent apprendre le biberon avant qu’il puisse téter. » Vraiment ? D’où vient cette idée ? D’aucune étude scientifique en tous cas. Mais nous savons suite a des études menées en Scandinavie que les prématurés vont souvent saisir le sein à 28 semaines et parfois même plus tôt. Pas tous certes. Mais certains. Et il n’est pas rare que des bébés prématurés puissent être allaites exclusivement et complètement (au sein) des 32 à 33 semaines de gestation. C’est encore 1-2 semaines plus tôt que le moment où l’on autorise simplement les bébés à essayer de téter en Amérique du Nord. (Il est nécessaire de préciser « au sein » par ce que beaucoup de sociétés occidentales croient que donner du lait maternel (LM) en biberon c’est ça allaiter –et non, ce n’est pas du tout pareil.)
Allaiter ce n’est pas juste donner du LM, C’est une relation avant tout. Une façon d’aider les mères à allaiter c’est d’utiliser le Dispositif d’Aide à la Lactation (DAL) au sein.

 

2. Les compléments

 

On dit aux mères de bébés allaites qu’elles doivent compléter avec le biberon car l’allaitement est plus fatigant que le biberon (on dit cela d’ailleurs pour les bébés de tous âges.) C’est une ânerie absolue de dire cela et c’est cependant une croyance largement répandue car la plupart des professionnels de santé n’apprennent presque rien sur l’allaitement lors de leur cursus et rien après. Les bébés réagissent en fonction du flux de lait et si le flux est lent alors il aura tendance à s’endormir au sein, tout particulièrement lors des premières semaines de vie. Et cela arrive tout simplement parce que l’on apprend pas aux mères les bases de l’allaitement, (cela comprend les méthodes pour que le bébé prenne correctement le sein, et pour savoir que le bébé obtient bien du lait au sein). Regardez cette vidéo montrant un bébé prématuré qui réagit au flux de lait venant du sein. Cela vaut la peine de lire le texte qui accompagne la vidéo.  Par ailleurs, les bébés prématurés souffrent de la comparaison avec le flux qu’il obtenait du biberon et dans le même temps les mères voient leur production de lait décroître car elles tiraient leur lait au lieu d’être en peau à peau avec leurs bébés et leur donner le sein.

3. Fortifiant
Il est conseillé aux mères de bébés prématurés de « renforcer » leur lait avec des fortifiants à base de lait de vache. Il est sans doute vrai que les plus petits des bébés prématurés puissent avoir besoin de fortifiant (mais ces fortifiants peuvent être obtenus à base de LM, et le besoin réel même pour les plus petits d’entre eux commence à être remis en question). Mais alors qu’en est-il pour un bébé de 33 semaines de gestation ? Avec de l’aide de bonne qualité, la plupart de ces bébés de 33 semaines ou même plus petits n’ont pas besoin de fortifiants. Ils ont besoin de téter. Même à 31 semaines ils n’ont pas nécessairement/systématiquement besoin de lait maternel renforcé/fortifié. Mais voilà, avec une régularité diabolique, le biberon est introduit et l’allaitement est discrédité.

4. Hypoglycémie

Lorsque leurs bébés sont nés avec un risque d’hypoglycémie les mères sont souvent forcées à donner ou du moins à autoriser que l’on donne du lait artificiel à leurs bébés (dans un biberon bien entendu). Et pourtant l’on sait que le LM et tout particulièrement le premier lait appelé colostrum est bien meilleur que le LA pour prévenir et traiter l’hypoglycémie du bébé. Le plus souvent, si la mère est aidée correctement, le bébé est protégé via l’allaitement (au sein, car le peau à peau aide aussi à prévenir l’hypoglycémie).

5. Jaunisse

Lorsque son bébé a la jaunisse dans les premiers jours, la mère est souvent obligée de donner des compléments de LA à son bébé, voire à le sevrer car le professionnel de santé qui « l’aide » pense que la jaunisse est causée par l’allaitement. C’est faux. Ce qui engendre des niveaux trop élevés de bilirubine dans la majorité des cas est au contraire l’insuffisance de lait maternel reçu par le bébé. Dans ces cas là, la solution n’est pas le LA mais bien d’aider la mère à mieux allaiter et à avoir plus de LM pour son bébé. Dans les premiers jours il peut être très simple de rendre un allaitement inadéquat plus efficace et surtout c’est le bon moment pour prévenir les problèmes en amont. Malheureusement, trop de mères et de bébés n’obtiennent pas cette aide. Et le pire dans tout cela c’est que le fait que la jaunisse disparaisse rapidement après quelques jours de prise de LA prouve au professionnel de santé qu’il avait raison, que le LM provoquait la jaunisse, alors qu’en fait, la jaunisse disparaît uniquement parce que le bébé prend plus de lait.
Est ce que la guérison aurait pu être obtenue en aidant la mère à allaiter plus efficacement ? Oui, mais cela n’arrive que rarement qu’une mère obtienne cette aide. Et le traitement par défaut n’est autre que le biberon de LA.

6. Fente palatine

On dit aux mères dont les bébés ont une fente palatine qu’elles ne peuvent pas allaiter et qu’elles ne devraient même pas perdre leur temps à essayer. Même si dans de nombreux cas le bébé ne peut pas prendre le sein, certains le peuvent. Une seule chose est sûre, si l’on n’essaie pas, alors il est certain que l’allaitement ne fonctionnera pas.

7. Perte de poids

On dit aux mères que si leur bébé perd plus de 10% de son poids de naissance il faut lui donner un biberon de LA. Mais ce critère de 10% n’a aucune base scientifique par contre il est le prétexte pour que de nombreux bébés reçoivent inutilement des compléments de LA et bien trop souvent finissent par être exclusivement nourris au biberon. Et encore une fois, une mère et son bébé qui reçoivent une aide de qualité peuvent changer cette situation radicalement pour le meilleur. Les gens prétendent parfois que de nourrir le bébé (au LA) ou l’allaiter sont des options exclusives. Le but de toute aide fournie à la mère ne devrait pas être de nourrir son bébé en améliorant le processus d’allaitement/lactation ? Par ailleurs, les professionnels de santé devraient commencer à se préoccuper des effets à long terme de leurs interventions et ne pas uniquement prendre la première solution clef en main que le LA offre, en apparence.

8. Réduction mammaire

On dit aux mères qui ont subi une réduction mammaire qu’elles ne pourront pas allaiter. Il est possible que la plupart ne pourront pas allaiter exclusivement, mais elles peuvent quand même allaiter en complémentant avec du LM donné ou du LA. Et quelque soit l’option, le bébé peut être au sein, sans biberon, les compléments lui étant donnés à l’aide d’un DAL.
Il est important que même les compléments soient donnés au sein, car au delà du fait que bébé obtienne plus de lait, l’allaitement est bien que juste du LM. C’est une relation proximale, intime entre deux êtres qui habituellement s’aiment énormément. La valeur de cette relation ne peut être mesurée proportionnellement à la quantité de LM que la mère peut produire et il est crucial que les gens se mettent à voir l’allaitement sous ces différents aspects.

9. Prise de médicaments

On dit bien trop souvent aux mères qu’elles doivent interrompre l’allaitement en cas de prise de médicament. Cela n’est pas nécessaire sauf dans le cas de certains médicaments très peu utilisés, et qui pour la plupart peuvent être remplacés par d’autres tout aussi efficaces. La grande majorité des médicaments ne passent pas dans le LM dans des quantités qui soient nocives pour le bébé, les doses étant infinitésimales. Il y a même des médicaments qui ne passent pas du tout dans le LM et pourtant les mères les prenant reçoivent des information erronées qui disent que si elles continuent d’allaiter durant le traitement elles vont faire du mal à leurs bébés. Quoi qu’il en soit, la vraie question est la suivante : Qu’est ce qui est plus sûr pour le bébé, être allaité avec des quantités minimes de médicament dans le LM (et les quantités sont presque toujours minimales) ou être nourri au LA ? Etant donné les risques de ne pas allaiter, dans une écrasante majorité des cas, l’allaitement est plus sûr.

 

10. Garde des enfants

Les juges en charge des cas de garde et de visite, ne prennent pas en compte les besoins du bébé allaité. Le père et la mère pourraient être satisfaits en terme de temps passé avec le bébé si le juge se rendait compte que les bébés allaités sont différents de ceux nourris au biberon. Et les bambins allaités sont encore plus différents. Qu’on le veuille ou non, le bébé ou le bambin allaité tire leur sécurité du sein. Comme exposé précédemment, l’allaitement n’est pas juste une affaire de nutrition, voilà bien une notion qui échappe à tant de personnes, y compris les juges.

11. Service de protection de l’enfance

Dans bien des domaines les services de protection de l’enfance représentent un énorme problème. Au lieu d’aider les mères à poursuivre leur allaitement, celles ci sont couramment confrontées à des remarques du type « Arrêtez d’allaiter, donner lui du LA, ou nous allons vous retirer votre enfant. »

 

Ces 11 problèmes ne sont qu’un échantillon sur les dizaines de situations où l’on dit inutilement aux mères d’arrêter d’allaiter, où elles doivent interrompre l’allaitement ou autres… La plupart du temps , les problèmes auraient pu être évités en amont ou du moins traités sans avoir recours au LA ni en arrêtant d’allaiter. Mais la plupart du temps, les mères n’obtiennent pas l’aide dont elles ont besoin.
Je ne dis pas que l’allaitement fonctionne à chaque fois, même avec la meilleure aide, mais de nombreuses mamans et de nombreux bébés pourraient aller beaucoup mieux.
Si j’avais dû passer en revue toutes les situations dont j’entends parler au quotidien, des situations où les mères n’ont pas le droit d’allaiter même si elles ont pris la décision informée de le faire, je pourrais écrire un texte encore plus long que Guerre et Paix. Et même si je voulais rentrer dans plus de détails sur les 11 problèmes exposés ici, il me faudrait écrire un livre entier.

 

« Dr Jack Newman’s Guide to Breastfeeding » (Le guide de l’allaitement du Dr Jack Newman) traite des points ci-dessus de façon plus détaillée. Il y a notamment des chapitres sur les raisons pour lesquelles l’allaitement est important, la jaunisse, l’hypoglycémie, les bébés prématurés, traiter les problèmes d’allaitement et comment trouver l’aide dont une mère a besoin pour allaiter. Ce guide fourni des solutions pratiques aux questions que se posent les mères allaitantes, y compris de nombreuses photos. De nombreuses vidéos très utiles pour les mères et les professionnels de santé, avec des explications en 22 langues différentes sont également disponibles sur le site International Breastfeeding Center.

 

 

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21 réflexions sur “Les mères ont-elles vraiment le choix d’allaiter? Par Dr Jack Newman

  1. Merci pour la traduction!
    C’est tellement ça, le résumé des histoires de mères tristes que je croise tous les jours. Et quel que soit le temps écoulé la blessure d’un échec d’allaitement reste à vif, alors que le plus souvent il aurait suffit de quelques mots ou d’un coup de pouce pour que tout aille bien.
    Si seulement les professionnels pouvaient enfin être mieux formés!

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    1. Merci Muriel de ton commentaire! L’Etat pourrait commencer par subventionner les formations allaitement des professionnels qui s’occupent de la petite enfance, et financer l’impression de matériel adéquat pour les bébés allaités en maternité, comme ça les mères ne recevraient pas un carnet de santé imprimé par les fabriquants de lait artificiel avec des informations qui ne correspondent pas aux bébés allaités… Il faut agir, il faut bouger, nous les parents pouvons faire changer les choses!

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  2. Très très bon article ! Personnellement c’est aujourd’hui alors que ma fille a 16 mois que je rencontre des problèmes avec mon médecin traitant qui sous entend qu’elle ne pourra pas grandir et grossir normalement sans lait de vache…..la vache à t elle besoin de lait humain pour son veau ?? Je ne comprends pas cet acharnement à vouloir nous gaver d’un lait qui ne nous est pas destiné, surtout que j’en produis toujours et qu’elle tête encore 6 fois par jour !

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  3. Merci, merci beaucoup. Je suis italienne, mais j’ai lit avec plaisir votre ecrit. Nous ėprouvons tous les jours à aider les mêres à comprendre qu’elles peutent allaiter. Ne sont pas les femmes, mais le systeme que doit changer… En Italie la situation est vraiment difficile

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    1. Merci Gisella de me suivre depuis l’Itallie, c’est en nous rassemblant que nous ferons les choses changer, même si c’est petit à petit, mais les plages sont remplies de petits grains de sable, n’est pas? 😉

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  4. Un article qui me va droit au coeur! J’ai accouché en mai a 25 semaines de grossesse. L’infirmière sensible à mon désir d’allaiter ma permis de mettre mon fils aux seins à 29 semaines. Aujourd’hui, mon bébé à 5 mois réel et 7 semaines corrigé et je l’allaite. J’ai beaucoup de difficulté par contre avec certains professionnels de la santé qui me demande de mettre bébé au biberon. Rien de tel pour se sentir encore plus coupable et inapte. Mais mon bébé je l’allaite malgré tous ces gens qui voudraient me voir donner de la formule.

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    1. Votre bébé a besoin de votre lait encore plus qu’un bébé né à terme, quel manque de responsabilité de la part des professionnels de santé qui vous « encouragent » à le mettre au biberon. En tout cas c’est vous qui décidez, vous êtes l’experte de votre bébé! Dans certaines societés l’allaitement au délà de l’enfance est parfaitement normal et c’est ainsi que vous trouverez des enfants allaités encore à 5 ans sans que ce soit jugé ou mal vu. Le fait qu’en France (ou en Europe ou dans le monde occidental en général) nous ne connaissions pas comment ça se fait ailleurs ça ne veut pas dire que ça n’existe pas, et l’espèce humaine a survécu 200 000 ans avec du lait maternel, pas avec du lait artificiel inventé seulement il y a moins de 100 ans, il faut aussi réfléchir à ça. Bon courage pour la suite et bravo à vous!

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    2. Surtout tenez bon, moi aussi j’ai dû supporter les  » tu l’allaites encore ??!! » , de l’entourage, des connaissances ou de spécialistes, et bien oui, nous voulons çe qu’il y a de mieux pour nos enfants, n’écoutez pas non plus si l’on vous dit de limiter le nombre de tétées si bebe est bien rond, il s’affinera en grandissant, en marchant. Si j’avais écouté mon médecin qui me disait de diminuer les tétées, ma fille serait affamée ! Aujourd’hui elle grandit et s’affine.

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    1. Bonjour Karine, mon site web est protegé par une licence « Creative Commons Attribution Non-Commerciale », ce qui veut dire que vous pouvez copier/coller mon traduction sur un nouveau billet de votre blog, mais vous devez citer la source originale (article sur le Huffington Post) et me donner le credit pour la traduction, avec un lien vers mon site web si possible. Plus d’infos ici : https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/

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  5. Bonjour,

    Joli article qui donne envie de lire plus de ce qu’écrit ce Docteur.
    Pour ma part j’ai une fille de 4 mois allaitée exclusivement, elle est éveillée et se développe correctement, mais voilà depuis 2 mois elle prend peu de poids (220g ce mois ci et à peine plus le mois dernier). Du coup le couperet est tombé hier, le pédiatre a tout de suite parlé d’introduire un biberon de LA, sans essayer de trouver d’autres moyens, sans se poser la moindre question sur les causes de cette petite prise de poids (serait ce notre déménagement d’il y a 2 mois qui aurait perturbé bébé? Y aurait-il une cause médicale?), sans me demander ce que je souhaite pour mon enfant, ni prendre le temps de m’écouter 2 minutes. J’aurais aimé pour ma part être conseillée et accompagnée, qu’on me donne des pistes pour adapter mon allaitement et renforcer le suivi de la petite semaine après semaine pour évaluer ce qui fonctionne ou pas. A la place j’ai une injonction de donner du lait en poudre et revenir dans un mois comme prévu (Ce bon docteur à au moins eu l’amabilité de me laisser le choix de la marque « ça importe peu » a t’il dit).

    Pour ma part, si le fait que ma fille soit sur la limite de la courbe ne m’inquiète pas, étant moi même très fine. Je manque en revanche de repère sur ce que serait une prise de poids convenable, mais remarque en effet que celle-ci a ralenti ces derniers temps pour mon bébé. Une chose est sûre en revanche c’est que ni moi ni mon conjoint n’avons l’intention d’introduire de LA dans l’alimentation de notre fille. Ce serait vraiment un tout dernier recours après avoir épuisé toutes les autres possibilités. C’est donc par nous même que nous allons essayer de trouver des solutions et de contrôler la prise de poids de bébé. En revanche ce médecin (commercial?) de nous reverra plus, j’irai voir ailleurs.
    Mon sentiment, même si je suis sûre de mes positions et que j’ai l’intention de m’y tenir, c’est de la colère, de la solitude, une perte de confiance dans le corps médical, et le sentiment d’être dévalorisée en tant que mère et en tant que femme, comme si la société me criait au visage « ça suffit vos petites lubies de bonnes femmes, l’industrie sait mieux que vous ce qui est bon pour vos enfants, ils sont mieux capables de faire grandir vos enfants que vous et vos singeries de mammifères. » Et par dessus tout je lui en veux de nous faire nous inquiéter sur des chiffres et des normes, alors que jusque là nous trouvions que notre fille allait très bien.

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    1. Bonjour Roxane, les livres du Dr Newman on été traduits en français, vous les trouverez facilement sur la web. C’est vrai qu’on se sent seul dans cette lutte pour la normalisation de l’allaitement… N’hésitez pas à vous approcher des groupes de soutien/associations afin de trouver une communauté d’entraide.

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    2. Bonjour Roxane,

      On m’a souvent fait le meme sous entendu en début d’allaitement avec ces « menaces » stupides et régressives de ces pseudo spécialistes… Et j’ai tenu bon, mais grâce à l’allaitement à la demande. C’est le plus important, allaiter votre bébé dès qu’il réclame, même si ça semble plus souvent que çe que conseillent les « normes », car chaque bébé prend SA dose de lait, qui n’est jamais la meme. Donc n’hésitez pas, présentez lui présentez lui.

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  6. quelques heures après la naissance de mon fils, une puéricultrice vient me dire que mon fils est en hypoglycémie « 2,1 au lieu de 2,2 » à cause du diabète gestationnel que j’avais eu, et qu’elle l’emmenait pour lui donner un complément. Près 10 ans pour le concevoir et 22h de travail + césarienne pour l’avoir près de moi, autant dire que je lui ai hurlé dessus. Mon bébé pesait 3,6kg, et en plus on avait dit au papa que sa prise de sang était normale…
    Bref, j’ai bien fait parce qu’elle s’était « trompé de bébé, dsl madame ». Mon fils a presque 3 mois, allaité exclusivement, et va très bien. Il a eu 2 ou 3 compléments à la maternité quand j’étais trop fatiguée, mais m’acharnant à le mettre au sein à chaque signe, il a repris 60g en 1 jour, et nous avons pu quitter l’hopital pour Noël!!
    Allaiter est quand même en France une bataille avec les pédiatres et l’entourage, entre ceux qui remettent en cause la quantité de lait produit, le goût, ceux qui voudraient donner des bib pour pouvoir garder l’enfant…..ça finit par faire douter de soi, c’est difficile.

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    1. Quelle parcours Aude! On peut juste tirer son chapeau devant votre fermeté et assurance! Et votre petit a beaucoup de chance de vous avoir parce que vous avez tout à fait raison, les mères allaitantes en France méritent un prix vraiment pour être capables de vaincre autant d’obstacles dans un parcours qui devrait, au contraire, être soutenu et valorisé dans notre société.

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  7. Incroyable de lire cet article et ces commentaires!! J’allaite ma fille depuis 1 an et j’en suis extrêmement fière! Comme vous j’ai eu droit a la glycémie qui est trop basse les premiers jours, à des infirmières incapable de m’aider à la mettre au sein, aux remarques de la famille “mais combien de temps tu vas encore faire CA?” “Tu vas devoir arrêter quand elle aura des dents” “comment tu sais combien elle prend” “il faut la faire téter à des heures fixes”. Maintenant j’ai droit à la pédiatre qui me dit que je dois limiter les tétées… ma fille est passée par une longue phase où elle ne voulait quasiment plus rien manger et ne prenait plus de poids… soit disant que c’etait de ma faute car je l’allaitais trop… je pense que les débuts à la crèche et le retour au boulot pour moi l’ont perturbé et qu’elle avait besoin de réconfort.
    Merci pour cet article et ses commentaires. Et merci à la consultante en lactation que nous avons vu quelques jours après la naissance de ma fille qui nous a beaucoup aidé.

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  8. J’ai été opérée le 4 décembre d’un abcès au sein, et on m’a clairement informée que je ne pourrais plus allaiter du côté droit, on m’a fortement recommandé, même si techniquement c’était possible, de cesser l’allaitement côté gauche car cela stimulerait la lactation côté droit en même temps et compliquerait la cicatrisation. J’ai donc choisi de cesser l’allaitement pour privilégier ma santé. En plus de la séparation avec bébé pendant 24h, le sevrage a été soudain, sans aucune préparation, et une fois l’opération terminée j’ai dû tirer mon lait à gauche régulièrement, suffisamment pour ne pas faire d’engorgement, mais pas trop pour diminuer, puis cesser la lactation. Au bout d’une semaine je ne produisais plus de lait. Par contre mon bébé n’a pas supporté le lait de vache pourtant hypo-allergénique, qui lui provoquait de l’eczéma sur la figure, il a fallu que je lui donne du lait de riz pour que l’eczéma disparaisse. Malgré qu’il mangeait bien, il était souvent inconsolable, ne comprenait pas que le biberon ne soit pas à la demande comme le sein, cherchait tout le temps à téter, mon cou, mon épaule ou à travers le t-shirt … ses larmes suffisaient à faire monter du lait et mouiller mon t-shirt, alors que je n’allaitais plus.
    Personne ne m’a dit qu’on pouvait recommencer à allaiter après avoir arrêté, mais en cherchant sur internet j’ai découvert des articles sur la relactation et la lactation induite, j’ai été consulter une spécialiste en lactation, et j’ai recommencé à allaiter côté gauche, après 3 semaines d’arrêt. Il m’arrive encore de compléter par un biberon quand je n’ai pas suffisamment de lait, mais la production augmente un peu plus chaque jour. Depuis les crises sont finies et bébé fait ses nuits !
    Depuis une semaine que je n’ai plus de pansement à droite, je tire le lait avec un tire-lait pour stimuler la lactation, j’ai tenté de remettre bébé sur ce sein mais il a du mal à le téter à cause de l’emplacement de la cicatrice, il y parvient seulement depuis 2 jours quand je le mets dans la position de ballon de rugby, ce qui n’est pas gérable à l’extérieur sans un bon coussin d’allaitement, mais je continue à tirer le lait le soir quand il est couché, car il le boit dans un biberon de complément quand nécessaire, à la place du lait de riz.
    Je ne sais pas si je pourrai revenir à l’allaitement exclusif, ni si je pourrai reprendre côté droit de façon plus confortable, mais ce qui est sûr c’est que même avec un seul sein tout est possible ! Et je confirme ce que dit l’article, on nous encourage/recommande/impose trop souvent d’arrêter l’allaitement, ma voisine de chambre à la maternité elle aussi en a fait l’expérience une fois rentrée chez elle. L’allaitement est un choix pour lequel il faut vraiment être motivée, dans la société d’aujourd’hui ! Et c’est mon choix !

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    1. Bonjour Sara, merci de votre partage. Essayez de vous faire accompagner par une animatrice bénévole d’une association de soutien à l’allaitement, la relactation est possible dans la plupart des cas. Amicalement, Les Papallaitants.

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